Le 7 novembre 2006, le député de Lozère Pierre Morel remettait au Premier Ministre un rapport intitulé « Du télétravail au travail mobile ». Ce rapport, rédigé dans le cadre d’une mission parlementaire, détaillait les différentes manières de promouvoir cette forme innovante d’organisation du travail. Rendu possible par la généralisation des technologies de l’information et de la communication, le télétravail répond à une demande sociale de gestion du temps et à un besoin croissant de mobilité d’une part non négligeable de la population et des entreprises.
La France est, en la matière, en retard par rapport à ses voisins européens En effet, à peine 7% de la population active hexagonale est touchée par le télétravail alors que la moyenne européenne est à 13%. Depuis son entrée en 2002 à l’Assemblée nationale, Pierre Morel s’est fait le héraut de la promotion du télétravail pour que la France rattrape ses voisins. C’est dans ce sens qu’il a déposé deux propositions de loi faisant échos à son rapport de 2006. La première encadre de façon beaucoup plus précise le télétravail en modifiant le code du travail pour y insérer des dispositions propres à ce mode d’organisation. La seconde proposition tend à inciter les employeurs à recourir au télétravail pour promouvoir l’embauche des personnes handicapées. « Les bénéfices du télétravail sont nombreux : accessibilité au monde du travail pour les handicapés, réduction du temps moyen de trajet domicile-bureau, désengorgement des routes, réduction de la pollution… Il n’y a que la France qui semble ne pas s’en rendre compte. Dans l’ouvrage « Le télétravail en France, les salariés sont prêts » que j’ai coécrit avec la spécialiste du télétravail en France, Nicole Turbé-Suetens, on s’est rendu compte de la frilosité des manageurs à développer cette forme innovante de travail alors que la demande des salariés est des plus fortes. »
Le télétravail répond également à une problématique d’aménagement du territoire. En effet pour les territoires les plus enclavés le télétravail est une chance en permettant à leurs habitants de travailler de chez eux. Mais pour cela le corolaire obligatoire est la couverture numérique de tous les territoires et notamment de la Lozère. Pierre Morel nous explique qu’il a « déposé une proposition de loi sur le très haut débit avec péréquation nationale. La fracture numérique qui est en train de se créer n’est pas une fatalité. Il faut que l’Etat intervienne pour permettre dans un délai de dix ans l’accès au très haut débit pour l’ensemble des français. Le désenclavement numérique des territoires ruraux est un des enjeux principaux de ces prochaines années. Dans mon plan Marshall pour la ruralité je propose la création d’un fonds alimenté par plusieurs sources pour un total de trois milliards d’euros par an et qui distribuera des aides aux collectivités qui font des investissements pour le très haut débit là où par manque de rentabilité immédiate les entreprises ne vont pas. Si on ne couvre pas les territoires ruraux en très haut débit les nouvelles populations ne s’installeront plus en zones rurales, ni même les entreprises. C’est un effort financier important mais qu’il faut entreprendre comme on l’avait fait dans les années 1930 pour permettre l’électrification de la France. Avoir un bon accès à Internet ce n’est pas un luxe c’est vital pour le quotidien, aujourd’hui tout passe par là. » Au niveau local, Pierre Morel a décidé de combler les manques de l’Etat, ainsi en juillet 2010, la fibre optique est arrivée à Fournels permettant un débit de 2 Méga et une monté en débit progressive permettant à terme d’atteindre plus de 20 Méga, une première pour un territoire aussi rural.