Pierre Morel A l’Huissier Sabine Dalle suppléante

« Un plan Marshall pour une ruralité résolument moderne »


Pierre Morel revient pour nous sur l’actualité qui a marqué le début du mois de février, à savoir le dépôt d’un « Plan Marshall pour la ruralité ».


Monsieur le Député vous avez déposé le 15 février une proposition de loi intitulée « Plan Marshall pour la ruralité » pouvez vous nous expliquer la genèse de cette initiative ?

Partant du constat simple que la ruralité est en profonde mutation, j’ai décidé de prendre une initiative forte, fonder un collectif parlementaire, La Droite Rurale. L’idée était simple, les politiques publiques ne prennent pas bien en compte la spécificité rurale, nous avons encore trop une vision de la ruralité basée sur l’agriculture. Or si l’agriculture reste importante il faut aussi répondre aux nouvelles problématiques en zone rurale comme les services au public, le haut débit, la mobilité… La Droite Rurale a connu un succès immédiat, en deux semaines 55 députés ont répondu à mon appel. Ce qui fait la richesse de ce groupe c’est sa diversité géographique et sociologique. Nous représentons toutes les composantes du monde rural. Nous avons été reçu par le Ministre de l’Agriculture et de la ruralité et par le Premier Ministre qui soutiennent totalement cette initiative. A partir du mois d’octobre j’ai organisé tous les mardi à l’Assemblée des réunions de travail pour les membres de mon collectif, réunions lors desquelles nous avons décidé d’élaborer un grand projet pour la ruralité qui prendrait la forme d’un Plan Marshall.

« Une boite à outil déclinable en deux cents mesures »

Alors justement comment comprendre ce « Plan Marshall » ?

Le Plan Marshall pour la ruralité c’est avant tout, et j’y tiens, le travail d’une cinquantaine de députés qui mettent en commun leurs compétences, leurs expériences pour proposer des solutions concrètes pour la ruralité. Il faut aussi le comprendre comme une boite à outil. La proposition de loi ce sont 44 articles déclinables en 200 mesures. Evidemment tout ne se fera pas du jour au lendemain, c’est en quelque sorte une loi cadre pour les dix ans à venir. Nous apportons deux cents mesures afin de permettre un désenclavement de nos territoires ruraux en dix ans. Certaines mesures seront plus rapidement adoptées que d’autres, je pense notamment à la réforme du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers ou encore à une utilisation plus adaptée du FISAC pour les artisans et les commerçants.

Pourriez vous développer quelques propositions phares du « Plan Marshall » ?

Tout d’abord la démographie médicale. C’est le premier problème des ruraux, je l’ai déjà dit il y a deux ans mais c’est malheureusement toujours d’actualité, en zone rurale il faut mieux être une vache qu’un homme pour être soigné. Le Plan Marshall prévoit donc des délais temporels raisonnables d’accessibilité aux soins. Il y a aussi la couverture en très haut débit avec la mise en place d’un Fonds alimenté à destination des zones rurales. La création d’une charte de normes de proximité pour les services publics, l’adaptation des normes, des mesures pour la petite enfance ou encore la création de zones franches rurales. Mais il y a encore bien d’autres propositions, nous avons voulu faire une proposition de loi la plus large possible qui touche à tous les pans du monde rural.

« La ruralité n’est ni de droite ni de gauche »

A la fin du mois aura lieu à l’Assemblée un débat sur une proposition de loi socialiste visant à mettre en place un bouclier rural, en quoi le Plan Marshall est il différent ?

Tout d’abord je suis satisfait que la gauche s’intéresse enfin à la ruralité, c’est sur ce point, une bonne chose. Je regrette juste que ce soit fait avant tout dans une optique politique. En effet, ils ont délibérément inscrit leur proposition de loi à l’ordre du jour entre les deux tours des élections cantonales. C’est regrettable d’utiliser les difficultés du monde rural à des fins électorales. Pour revenir à leur proposition j’ai remarqué plusieurs choses, tout d’abord que nous avons des points de convergence notamment sur la démographie médicale ou la lutte contre la fracture numérique, ca me conforte dans l’idée que j’ai que la ruralité n’est ni de droite ni de gauche. Par contre ce qui différencie grandement le Plan Marshall et le bouclier rural c’est que nous nous proposons des solutions concrètes là où le bouclier rural énonce des principes généraux. Par ailleurs le Plan Marshall s’attaque à tous les problèmes ruraux, j’ai été surpris de ne voir aucunes mesures en faveur de l’économie rurale dans le bouclier rural.

Maintenant que le « Plan Marshall » a été déposé, quel avenir pour la Droite rurale ?

Continuer à travailler pour la ruralité ! Le dépôt du Plan Marshall était une première étape, désormais nous allons porter nos propositions par des amendements, dans tous les textes qui seront étudiés à l’Assemblée jusqu’en 2012. L’idée étant de distiller dans chaque texte des mesures pour la ruralité. Il faut aussi faire s’assurer que les territoires ruraux soient au cœur des débats jusqu’en 2012. La moitié des députés de la Droite Rurale a été nommée dans l’équipe dirigeante de l’UMP et est chargée d’animer une thématique. Par exemple je dois m’occuper des services publics en milieux ruraux. Nous ferons donc vivre le débat et continuerons au moins jusqu’en 2012 notre combat pour une ruralité résolument moderne. Enfin la rencontre avec le Président de la République sera un moment clé pour fixer un calendrier pour diverses mesures rurales sur 2011 et 2012.